Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Vente directe : Les fraises de l’indépendance

Une route départementale sépare les parcelles de fruits rouges de l’atelier où Christophe Drieux transforme sa production. Installé à temps plein depuis 2006 sur l’exploitation familiale où l’on pratiquait la polyculture et l’élevage laitier, il s’est progressivement tourné vers des productions pouvant être vendues sans intermédiaires, dont la fraise. Des fruits qu’il valorise sous forme de confitures, gâteaux et bûches glacées, ou encore verrines. Aujourd’hui, l’agriculteur n’exploite plus « que » sept hectares, sur lesquels on retrouve moins d’un hectare de fruits rouges, 1,3 ha de pommes de terre, 2,5 hectares de céréales ; le reste de la surface étant en prairie permanente.
Un parti pris osé
L’agriculteur avoue avoir fait ce choix « pour ne pas dépendre du marché mondial et de la grande distribution qui impose ses prix ». En choisissant ce modèle, il assure produire « peu » comparativement à un système basé essentiellement sur les grandes cultures comme auparavant, mais l’essentiel est bien de se garantir un prix de vente de ses produits suffisamment rémunérateur et d’entretenir un contact avec les consommateurs. Dans le même temps, l’atelier laitier hérité de ses parents a été abandonné. Quant aux pommes de terre encore produites sur l’exploitation, elles sont aussi vendues en circuit court. Les céréales permettent quant à elle d’assurer une rotation des cultures.
Un agriculteur multi-casquettes
En matière de transformation, l’agriculteur n’a pas suivi de formation particulière, tout au plus un stage de 3 jours, avec la Chambre d’agriculture. « Pour l’essentiel, j’ai appris sur le tas. Je fais les tests moi-même et je m’interdis certains produits que l’on peut retrouver dans des produits industriels ». Bien que l’activité de transformation se révèle être prenante, Christophe Drieux garde cependant un statut d’agriculteur. En effet, l’atelier de transformation vise en premier lieu à valoriser les fruits produits sur la ferme, soit environ ¼ de la production de fraises, comme la totalité de ses framboises et groseilles. Lorsqu’il ne transforme pas, l’agriculteur vend sa production à la ferme, en direct, via deux points de vente ou un intermédiaire. Là encore, il s’agit d’un défi de taille pour l’exploitant. « Il faut être multi-casquettes, en étant à la fois à la production, à la transformation, à la vente et savoir aussi gérer la ferme ». Sur le plan sanitaire, « les contraintes sont énormes, explique Christophe Drieux. C’est à se demander si l’on ne nous impose pas plus de rigueur que pour l’industrie »
Demain, 2 types d’agriculture
La récolte des fruits rouges a beau être une activité saisonnière, Christophe Drieux n’en reste pas moins occupé une bonne partie de l’année. Et pour cause. « Dès que la récolte des fraises est finie, il faut désherber les parcs et replanter ». Ce à quoi il va s’atteler d’ici une quinzaine de jours. « Le plus gros du travail n’est pas au moment de la cueillette, mais avant celle-ci ». Pour démarrer la saison de commercialisation plus hâtivement, 1/3 des surfaces sont plantées sous tunnel ; le restant étant en pleine terre. Satisfait de son modèle, Christophe Drieux ne regrette en rien son choix, enthousiaste qu’il est à l’idée d’investir dans l’agrandissement de son laboratoire. Un Investissement presque vu comme une obligation : « Demain, il n’y aura que deux types d’exploitations qui resteront. D’un côté, de grosses structures avec des capitaux importants et, de l’autre, des exploitations qui se seront lancées dans la transformation de produits fermiers et la vente directe ».
Vincent Fermon
Des ingrédients locaux autant que possible
Hormis les fruits rouges, les autres ingrédients qu’emploie Christophe Drieux dans ses fabrications proviennent d’exploitations de communes voisines. Le lait et la crème proviennent de deux exploitations basées à Le Doulieu et Cappelle-Brouck ; les oeufs sont produits à Heuringhem. Pour un approvisionnement le plus local possible. D’autres matières premières employées, comme le chocolat, l’amande ou le spéculoos ne proviennent – évidemment – pas de la région, mais « ce sont des matières nobles », explique Frédéric Drieux. « Nous avons dû élargir la gamme en proposant d’autres saveurs. C’est la condition pour attirer de nouveaux clients et les fidéliser ». Les fruits restent quant à eux bien de saison, et produits sur la ferme.
Des fraises flamandes bientôt à Wambrechies
De la fraise flamande en route vers la métropole lilloise. C’est le pari dans lequel s’est lancé Christophe Drieux en rejoignant un groupe de 11 agriculteurs pour l’ouverture d’un point de vente collectif de produits fermiers à Wambrechies. Pourquoi si loin ? « Si un projet avait vu le jour dans le Dunkerquois, je m’y serai investi, mais au moins, à Wambrechies, nous sommes un groupe qui partage la même philosophie », assure M. Drieux. Après de nombreuses péripéties, le projet avance désormais bon train. « Les plans du bâtiment et de l’atelier sont prêts, affirme l’agriculteur associé. Nous avons également eu l’accord du financement et nous n’attendons plus que le déblocage des fonds pour lancer les travaux ». Géré par le biais d’une SARL, le point de collectif devrait regrouper une large gamme de produits fermiers, dont ceux de Christophe Drieux avec ses paniers de fraises, mais aussi un certain nombre de produits transformés.
Actuellement, l’agriculteur commercialise une part de sa production via deux magasins collectifs, sur son exploitation, et plus généralement en vente directe, « ou semi-directe avec un seul intermédiaire », explique-t-il. L’ouverture du magasin de Wambrechies est quant à elle prévue pour le printemps 2014.
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