Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Valorisation des protéines végétales : Un pôle d’expertise unique en Europe

Ce projet de recherche, conduit dans le cadre d’un partenariat public/privé en Picardie et Champagne-Ardenne dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, vise à valoriser les protéines issues de la production agricole, et ce alors que la consommation en Europe et sur la planète explose. Pour le président du Conseil régional de Picardie, si l’objectif, à terme, est de pouvoir anticiper l’augmentation des besoins alimentaires dans le monde, parallèlement, « il s’agit de créer de la richesse et de l’emploi dans nos régions ». Mais aussi de développer de nouveaux débouchés pour l’agriculture car Claude Gewerc en est convaincu, « la chimie du végétal, et plus précisément l’utilisation de la plante dans tous ses aspects, c’est l’avenir ».
Exploiter la ressource
Les chiffres avancés en fin de semaine dernière à Amiens, au siège du Conseil régional, par Anne Wagner, en disent long sur la demande mondiale en protéines destinées à la fois aux secteurs de l’alimentation humaine et animale mais également de la fabrication de biomatériaux et produits divers. Ce marché des protéines concentrées qui, à l’échelon mondial, représente 35 millions de tonnes (Mt), est à 75 % d’origine animale et seulement 25 % végétale. « 70 % des protéines consommées en Europe sont importées essentiellement des États-Unis et du Brésil, soit 25 Mt de farine de soja par an », indique la présidente de la SAS Improve, un marché qui croit de 5 %/an. Un déséquilibre production/consommation qu’il est possible, selon elle, de « rééquilibrer, le gisement existe, encore faut-il l’exploiter », avance Anne Wagner pour qui il s’agit également de trouver une alternative aux protéines animales dont la production nécessite huit fois plus d’énergie fossile. Et ce en s’appuyant sur un ressource qui demeure abondante dans ce grand bassin de production agricole, qu’il s’agisse des céréales, de la luzerne, du colza, des pois, de la féverole… un gisement que la présidente d’Improve estime autour de 28 Mt de protéines.
Amorcerla transition nutritionnelle
Tandis que les travaux de recherche devraient débuter en fin d’année au sein d’une halle technologique basée à Dury près d’Amiens, il s’agira de « tirer le maximum des composantes de la plante », indique Dominique Dutartre, président du pôle Industrie et Agroressources (IAR). L’idée étant de lever les verrous technologiques et scientifiques qui limitent les usages des protéines végétales, et ce dans un cadre de cycles courts de recherche-industrialisation. En d’autres termes, Improve devra s’investir dans le développement de nouveaux produits alimentaires. Avec un objectif particulièrement ambitieux, celui de favoriser à terme la transition nutritionnelle et, ainsi, passer d’un ratio des protéines animales/végétales de 70/30 à 50/50. Un projet qui enthousiasme Christophe Buisset, le président de la Chambre régionale d’agriculture de Picardie qui voit dans cette plate-forme, « une opportunité pour retrouver de la compétitivité dans le secteur des productions animales » et, plus largement, « la possibilité de recréer de la valeur ajoutée et de l’emploi dans nos campagnes ».
Philippe Duboelle
*Institut mutualisé pour les protéines végétales.
Partenariat public/privé
La création de cette plate-forme mutualisée de recherche regroupe à la fois de grands acteurs de la transformation agricole (Tereos, Syral, Siclaé, Sofiproteol, In Vivo), de la recherche (Inra, Université de Picardie Jules Verne, Centre de valorisation des glucides et produits naturels) mais aussi, et c’est là l’autre originalité d’Improve, des acteurs publics tels que l’État et le Conseil régional de Picardie qui se sont associés au capital de la société. Et ce, dans une logique « gagnant-gagnant », a précisé le directeur du programme compétitivité et filières industrielles au Commissariat général à l’investissement (CGI). Avec en perspective « un retour sur investissement dans le but de pouvoir réinvestir dans de nouveaux projets », a insisté Jean-Luc Moullet. Un point de vue partagé par le président du Conseil régional de Picardie qui, au versement d’une subvention, préfère « être un partenaire actif qui prend des risques », assure Claude Gewerc.
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