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Alimentation animale : baisse de 4,7% de la fabrication d’aliments composés depuis janvier 2016

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« En cumul sur les onze premiers mois de l’année, la fabrication industrielle d’aliments composés affiche une baisse de 4,7%, imputée à une baisse généralisée dans chaque filière mais plus particulièrement pour les bovins », annonce Agreste dans une note de conjoncture du 10 janvier.

  • En volailles, en cumul depuis le début de l’année, la filière affiche une baisse de 4%, «principalement due à un retrait des exportations de poulet de chair vers les pays tiers et en particulier vers le Moyen-Orient ».
  • En porcs, le recul atteint 4,2% et pour les porcs à l’engrais, le volume d’aliments complets a régressé de 4,4%. « Le repli des cours des tourteaux de soja, du maïs et du blé en 2015, favorise un recours plus important aux aliments fabriqués à la ferme », explique Agreste.
  • Du côté des bovins, la production recul de 8% depuis janvier 2016.
  • Par contre, en ovins, caprins, la production est en hausse de 2,1%. En novembre 2016 par rapport à novembre 2015, la production est en hausse en ovins-caprins (+9,3%) et en volaille (+2,3%). Elle est presque à l’équilibre en lapins (0,4%) et bovins (0,3%).
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La volatilité du prix de l’alimentation animale va s’accroître, selon la Fefac

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« En Europe, la volatilité des prix des matières premières et des aliments composés va continuer et même s’accroître », a déclaré le président de la fédération européenne des fabricants d’aliments (Fefac), Ruud Tijssens, le 18 septembre lors d’une conférence de presse à Rennes.

« Les derniers instruments de régulation ont presque tous disparu. L’Union européenne doit apprendre à gérer ces réalités ». Pour les fabricants, les systèmes de couverture sont encore trop peu utilisés par les éleveurs européens.

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Alimentation animale : s’affranchir du soja en élevage porcin

Une option technico-économique qui vise à réduire le coût alimentaire dans cet élevage naisseur-engraisseur de 350 truies, explique Philippe Hasseman : « C’est le prix attractif du colza, sur le marché des matières premières, qui nous a amené dans cette voie ». En élevage porcin, il est admis que le tourteau de colza est attractif dès qu’il coûte moins de 65 % du prix du soja. C’est très généralement le cas, puisque le rapport colza/soja observé depuis 2001 est de 62 %. À l’instar du Gaec, la plupart des « Fafeurs » intègrent donc une part croissante de tourteau de colza dans les rations. « Notre capacité d’analyse du marché des matières premières est primordiale », souligne Philippe Hasseman, par ailleurs président du groupement de producteur Sypronord, « au regard de la volatilité des prix, savoir se positionner en fonction des cours devient un second métier ». Sur la ferme, des contrats de livraison par camions de 25 tonnes ont ainsi permis d’obtenir du tourteau à partir de 126 euros, jusqu’à 220 euros/tonne.

Une ration adaptée au prix des matières premières

Le Gaec est autonome en céréales et maïs humide et achète des co-produits. La fabrication d’aliment à la ferme (FAF), sous forme de soupe, est optimisée grâce au logiciel Porfal mis au point par l’Ifip. Dans le cadre de la formulation des rations, aux différents stades physiologiques de l’animal, cet outil intègre le prix d’intérêt des matières premières. En fonction des cours du marché et des prix obtenus par chaque éleveur, le logiciel permet ainsi d’ajuster en temps réel la composition de formules au meilleur coût. « Depuis deux ans, nous faisons l’impasse sur le soja pour les charcutiers en croissance et en finition, ainsi que pour les truies gestantes. L’incorporation de colza dans la ration charcutier permet de gagner 7 à 8 euros/tonne, soit un gain de 2 euros/porc », indique Philippe Hasseman. La ration des charcutiers se compose de 10 % de colza + 30 % de maïs humide + 7 % céréales (orge/blé) + 50 % de co-produits : Corami (issus de blé) + Alco-mix (Issus de blé) + Corex (issus de maïs). Un apport complémentaire d’acides aminés est intégré aux minéraux. Cet apport tient compte d’une teneur en lysine du colza (5,3 % de la MAT) inférieure à celle du tourteau de soja (6,1 %). À cet égard, on peut souligner la teneur élevée en lysine du pois (7,2 %) qui présente une réelle complémentarité avec le colza. Les truies en gestation reçoivent quant à elles 60 % d’orge + 14 % Corex + 10 % de blé + 10 % de colza + 2 % luzerne + minéraux.

Du soja pour les allaitantes

Parce qu’il ne veut pas prendre le risque de pénaliser l’ingestion et d’induire un éventuel déficit énergétique, l’éleveur distribue exclusivement du soja aux truies en lactation et aux porcelets 1er âge (qui reçoivent néanmoins 1,5 % d’huile de colza). Par la suite, en post sevrage 2e âge, l’éleveur incorpore 4 % de tourteau de colza. « Les résultats de croissance obtenus avec le tourteau de colza sont identiques à ceux du soja, ce qui nous amène à nous affranchir progressivement de cet aliment. En outre, la filière ne veut plus d’animaux lourds ni gras, ce qui renforce l’intérêt du colza ».

Jérôme Pezon