Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Première assemblée des Jeunes agriculteurs JA 59/62 : réinventer le syndicalisme

Elle a été l’occasion pour les jeunes militants d’insister sur l’importance de l’engagement pour défendre l’avenir de la profession.
Un engagement professionnel qui, s’il demeure également « source d’enrichissement et de découverte », comme l’a indiqué Guillaume Caron, le co-président des JA 59/62, s’impose comme « l’école de la vie », a souligné François Thabuis, le président national des JA qui avait fait le déplacement depuis son exploitation de Haute-Savoie. Le chef de file des JA n’a pas manqué d’aborder un certain nombre de dossiers d’actualité dont celui particulièrement brûlant de la baisse des revenus en élevage. « Nous sommes prêts à faire monter la pression syndicale si les enseignes de la distribution ne jouent pas le jeu », a prévenu François Thabuis.

Appel à l’engagement

Le processus de régionalisation entamé en 2012 entre les JA du Nord et du Pas de Calais et qui, en 2013, a abouti à la fusion des bureaux, doit permettre au syndicat d’acquérir une « nouvelle dimension », de l’avoeu même des responsables jeunes qui revendiquent 600 adhérents répartis sur 18 cantons.

Et par conséquent, de donner une tonalité plus forte aux actions engagées sur le terrain, qu’il s’agisse de défendre les intérêts de la profession agricole à l’exemple des actions revendicatives menées ces dernières semaines auprès des grandes enseignes de la distribution pour réclamer une hausse du prix du lait dans les linéaires ou de conduire des animations sur le terrain comme l’organisation de Place Nature en mai prochain au pied du beffroi de Béthune.

Des actions qui mobilisent beaucoup d’énergie, d’où l’appel à l’engagement qu’ont lancé les jeunes militants en direction des leurs afin de renouveler leurs troupes et ainsi, assurer le renouvellement des responsables au sein des instances professionnelles.
Un engagement qui, s’il doit permettre de « signifier que nous fiers d’être jeunes agriculteurs demeure indispensable pour défendre une agriculture riche et diversifiée », assure Guillaume Caron. Mais s’engager, c’est aussi « prendre son avenir en main et donner la chance à d’autres qui souhaitent exercer ce métier de pouvoir le faire », souligne François Thabuis, lui même installé hors cadre au sein d’un Gaec. C’est aussi « défendre ses productions et montrer que l’on veut croire en son métier », assure pour sa part Jean-Marie Raoult qui a exercé de nombreuses responsabilités professionnelles pendant plus de 40 années. Un point de vue partagé par le président des JA de la grande région nord, Samuel Vandaele pour qui « on peut toujours faire bouger les choses ».

Toutefois, face à un environnement professionnel et économique en perpétuelle mutation, François Thabuis préconise de « réinventer le syndicalisme agricole ». Selon lui, « les solutions de demain dépendent de notre capacité à s’organiser, à apprendre à mener des projets, à mener des actions collectives, à être dans la prospective et à imposer des limites de cumul de mandat y compris dans la durée afin de ne pas oublier le sens de notre action ». Aussi, « c’est l’engagement de chacun qui fait la réussite de l’engagement collectif », résume ce jeune militant professionnel.

Philippe Duboelle

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