Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Mouton boulonnais : la troupe surveille le Cap Blanc Nez

Depuis quatre ans, des moutons boulonnais pâturent les terres du cap Blanc Nez. Un échange de bons procédés entre les éleveurs et Éden 62, qui gère le site. Si le neuvième grand site de France a besoin d’être entretenu, il permet aux éleveurs de développer leurs troupes.

Eden 62 tenait à trouver une solution écologique pour entretenir le terrain. Le mouton boulonnais a donc répondu parfaitement à cette attente ajoutant le côté local de la race. Les moutons sont donc très adaptés au cadre. Résistants, ils peuvent facilement se déplacer sur les pentes dessinées par les impacts de bombes.

Un accord gagnant-gagnant

Éden 62 finance le berger, le transport et l’eau permettant de soutenir les éleveurs dans la sauvegarde parfois difficile de la race locale. En effet, avec la perte de l’abattoir à Fruges, les éleveurs peinent à valoriser leurs agneaux. « Chaque agneau fait beaucoup de kilomètres pour être abattu et vendu », regrette Jean Gustave Rivenet. Il admet volontiers que si la passion anime les éleveurs, le pâturage au Cap permet de « les motiver ». Car depuis que cette collaboration a été mise en place, les éleveurs ont agrandi leurs troupes pour permettre un pâturage plus efficace.

S’adapter aux pentes du cap

Le pâturage est intégré au cycle d’élevage. Chez Jean Gustave Rivenet, les 250 brebis pâturent mais seulement une centaine vont au cap Blanc Nez. Elles partent à partir de mai et reviennent au mois d’octobre dans la bergerie.

Ce pâturage présente quelques contraintes auxquelles les éleveurs ont dû s’adapter. La première année, l’herbe présentait une qualité nutritive faible mais « depuis que les moutons viennent la qualité s’est améliorée », constate Jean Gustave Rivenet. D’ailleurs, « l’état d’engraissement des brebis s’est amélioré », remarque Quentin Tellier, le berger engagé par Éden 62. Il ajoute que cela est également dû aux vermifugations pratiquées depuis cette année.
Quentin Tellier s’occupe des brebis pendant la période de pâturage. Il repère donc facilement les problèmes des moutons, notamment les boiteries. Jean Gustave Rivenet a, grâce à cela, pu ramener une brebis pour la soigner.

Autre point plus délicat, la présence d’une dizaine de béliers pour la période de lutte. L’entente entre eux est parfois difficile à gérer pour le berger. Cette année treize ont été intégrés à la troupe mais seulement neuf sont encore présents aujourd’hui. Deux ont péri suite à des combats et les deux autres ont été enlevés.

Une étude menée par des élèves de l’Isa a démontré que la fertilité des brebis présentes au cap serait améliorée. Mais Jean-Gustave Rivenet modère ces conclusions car « les brebis du cap Blanc Nez produisent généralement moins de lait que les autres ». Ceci entraîne une diminution du poids des agneaux.

Carole Gautier

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