Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Marie-Pierre Petitprez : « L’agriculture se conjugue aussi au féminin »

Quel est le rôle de la Commission des agricultrices. Existe-t-elle depuis longtemps ?

Je suis la quatrième présidente de la Commission des agricultrices du Nord. Lorsqu’elle a été créée le contexte était plus délicat, les femmes étaient moins reconnues qu’aujourd’hui.
La Commission sert de tremplin pour connaître les autres structures et s’y engager. Elle donne des outils pour se former et s’informer sur des thèmes techniques ou liés aux ressources humaines. Un noyau de femmes est toujours là pour la logistique, lors des concours, de ferme en ville, pour la participations ou l’animation.
Le but est également de créer du lien entre toutes les agricultrices évoluant dans différentes productions. La commission est un lieu d’échange et d’expression où des problématiques variées sont abordées : familiales, économiques ou encore les problèmes rencontrés.

Quelle évolution avez-vous pu noter sur la reconnaissance des agricultrices ?

Le travail des femmes au sein des exploitations est de plus en plus reconnu. Nous avons un rôle économique et présentons un vrai plus pour l’exploitation. Il y a une complémentarité entre le travail des hommes et celui des femmes, que se soit sur un même atelier ou sur des ateliers spécifiques.
Il y a 30 ans, je n’aurai pas eu le même discours mais les choses ont évolué. Les femmes ont plus d’indépendance et on leur fait une place si elles le veulent. On est reconnue aujourd’hui, mais il faut faire attention et rester vigilant pour que nous conservions ces acquis. Il faut maintenant que les femmes soient présentes là où les décisions se prennent. Il faut s’affirmer.
Les femmes sont aussi le premier lien entre l’agriculture et la société grâce aux enfants, aux courses. Elles sont donc bien placées pour communiquer sur la profession. Il y a quelques années, nous avions d’ailleurs créé une charte du bon voisinage. Les agricultrices avaient été missionnées pour les déposer en mairie. C’était un support d’échange et de communication. Je dis souvent : l’agriculture se conjugue aussi au féminin.

Il y a un mois, vous avez remis les Trophées des agricultrices, quel est le but de ce concours ?

Nous voulions que les gens posent un autre regard sur l’agriculture au féminin. C’est un métier ouvert, nous voulons aussi donner l’envie de poursuivre aux jeunes femmes.
Le trophée des agricultrices avait donc pour but de montrer le dynamisme des femmes, souligner leur motivation en mettant en avant des projets innovants et pratiques, de valoriser leur travail et son enjeu économique ainsi que de faire connaître toutes les facettes de leur métier. Tout cela afin d’aller contre les idées reçues sur les agricultrices. En effet, nous savons rester femme, tout en étant des chefs d’entreprises ou en nous montrant entreprenantes au sein de notre profession.
Le trophée a aussi été l’occasion de s’ouvrir sur d’autres institutions qui ne nous connaissaient pas ou peu comme les instances de l’Etat, la Draaf ou le Conseil Général. Les dossiers étaient variés et présentaient une belle vitrine de l’agriculture du Nord. Les femmes qui ont participé étaient passionnées et heureuses de leur travail. C’est un vrai message d’optimisme que nous avons vu dans ces nombreux dossiers. Nous avons pu voir des femmes compétentes, fières de leur travail et ouvertes sur une agriculture en évolution.
Ces dossiers présentaient également les motivations des agricultrices : le travail à l’extérieur, la création d’une activité viable, la liberté que le travail offre, l’autonomie, ainsi que l’adéquation entre la vie de famille et le travail. Les candidatures ont également mis en avant l’importance pour les femmes de trouver leur place dans l’exploitation et le fait que cela est facilité parfois par leur mari.

Quelles ont été les retombées pour les agricultrices lauréates ?

Les lauréates du Trophée ont été reçues lors du Salon de l’agriculture sur le stand de la FNSEA et sur celui du ministère de l’Agriculture. Il est important que nous montrions une image positive de l’agriculture au féminin et d’être reconnu pour notre dynamisme.
Suite aux trophées, il y a eu un coup de projecteur sur les femmes et une retombée médiatique locales pour beaucoup d’entre elles.

Propos recueillis par Carole Gautier

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