Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Le Lingot du Nord veut compter plus

Le Lingot du Nord se vend bien… parce qu’il est bon ». Comme tout passionné pour une production à laquelle il a consacré une grande part de sa carrière professionnelle, le conditionneur de légumes secs Gabriel Asseman ne tarit pas d’éloge sur le haricot blanc « Lingot du Nord ». À l’occasion d’une journée consacrée aux signes officiels de qualité en Nord-Pas de Calais avec le concours du Groupement Qualité, un coup de projecteur a été donné sur cette production emblématique et menacée.

Un encadrement strict

Produit dans un périmètre de 40 communes de Flandre Lys, il bénéficie depuis 2008 d’une Indication géographique protégée (IGP) qui garantit son origine, ainsi que d’un Label Rouge (1998). « S’il n’y avait pas eu de démarche d’identification, on ne mangerait probablement plus de Lingots du Nord », estime Richard Boucherie, chargé de mission au Centre régional de ressources génétiques. Les producteurs de haricots qui n’adhèrent pas à l’OGD – ils sont encore quelques-uns – « n’ont pas le droit de l’appeler Lingot du Nord, mais haricot blanc », explique André Charles, producteur à Laventie et président de l’association Lingot du Nord. En 2013, on ne compterait plus que 120 hectares de haricots secs (blanc et vert) sur la zone de production, contre 4 400 hectares en… 1 909 sur l’ensemble de la région Nord-Pas de Calais. L’association créée pour porter la démarche d’obtention de l’IGP rassemble aujourd’hui 24 adhérents, dont un conditionneur. Sans ces démarches, le président de l’ODG avoue qu’il aurait probablement arrêté la production de haricots.

Culture exigeante

Pour l’heure, la future récolte s’annonce « difficile », selon M. Charles. En cause, l’apparition de maladie lors de la précédente campagne due notamment à une qualité de semence moindre. « Au début de la démarche d’IGP, nous avons voulu travailler avec de la semence fermière mais tous les agriculteurs ne sont pas sélectionneurs. Du coup, cela pose des problèmes de dégénérescence et de bactériose ».
L’association des producteurs de Lingot du Nord manquerait actuellement de stocks, contraignant à réduire la période de commercialisation. L’agrandissement de la taille moyenne des exploitations ne fait pas les affaires de la production de haricots. « De grosses fermes ne se lancent pas dans le haricot, explique André Charles. Elles vont lui préférer les céréales ou la pomme de terre puisque le haricot demande peu d’intrants, mais beaucoup de main-d’oeuvre ». D’autre part, la récolte s’effectue à la main pour garantir une meilleure qualité du produit final.

Nouveaux producteurs attendus

L’obtention d’un signe officiel de qualité ne dispense pas pour autant de poursuivre les efforts de conservation. « Les producteurs n’ont pas le droit de se reposer sur leurs lauriers, rappelle Richard Boucherie. Il s’agit d’une dynamique à entretenir ». Pour assurer la pérennité de la production, une fois encore, « on cherche de nouveaux producteurs », explique André Charles. Les travaux conduits avec la société GSN Blondeau autour de l’amélioration de la qualité des semences doivent également participer au recrutement de nouveaux producteurs. Car même si l’un des enjeux est bien de conserver une variété locale, elle doit également poursuivre un objectif économique.

Vincent Fermon

 

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