Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

La Maison du cheval Boulonnais devrait être terminée en 2015

La maison du cheval Boulonnais à Samer (62) devrait voir le jour en 2015. « Le but n’est pas de recréer un haras régional mais bien d’aider et accompagner les professionnels sans pour autant faire le travail à leur place », explique Solène Charpentier, chargée du projet de Maison du Boulonnais. La maison sera située à la ferme de la Suze située à Samer. Le site sera composé d’une carrière d’attelage permettant des compétitions et des présentations, d’une quarantaine de boxes, d’une clinique vétérinaire, de bureaux, d’un rond de longe et de 20 hectares de prairies. Le site sera également ouvert à d’autres races.

« Un cercle vertueux »

Le but du projet est de s’engager ensemble et de mutualiser les équipements liés au travail des chevaux dans le cadre des services des collectivités et des entreprises. « La mission prioritaire reste l’aspect reproduction et professionnalisation de la filière. L’aspect valorisation touristique viendra dans un deuxième temps ». La maison du cheval Boulonnais est basée sur un système coopératif qui permettra aux professionnels de démarrer avec un matériel de qualité sans investissements importants. « Nous donnons les moyens en mutualisant ».
Une autre voie visée par le Syndicat boulonnais pour relancer la race est de changer l’image de la race. « Aujourd’hui, la filière équine attire un public citadin, féminin et jeune », explique la chargée de mission. Une piste pourrait être de faire évoluer le standard pour l’adapter à ces personnes, donc aller vers un cheval plus léger sans dénaturé la race.

Former les hommes et les chevaux

Le site sera multiservice et centré sur les besoins de la race. Un centre d’insémination et une clinique vétérinaire permettront un suivi des poulinières et également une limitation de la consanguinité forte dans la race (voir encadré). Le but est également d’aider les jeunes au niveau des difficultés de reproduction. Le site sera également axé sur la valorisation des chevaux. « Nous avons une population d’éleveurs-naisseurs qui ne conservent pas leurs animaux au delà de 18 mois », ajoute Solène Charpentier. Ces derniers sont valorisés pour la viande mais peu de chevaux sont disponibles et formés pour travailler au service des collectivités ou des entreprises. Les éleveurs sont déjà bons dans la valorisation du cheval par la viande. « Nous leur apportons des conseils là où ils en ont besoin », souligne Solène Charpentier. « Nous voudrions créer une pépinière de jeunes chevaux formés » qui répondraient à l’offre « certes faible mais non pourvue » de chevaux destinés au travail.
Le volet comprend également une formation spécifique au métier d’utilisateur professionnel de chevaux en collaboration avec un lycée agricole. « Le but est bien de former et professionnaliser les personnes ». Cela permettra également de sécuriser les structures.

5 millions d’euros

Le budget est important : « Un investissement de 5 millions d’euros ». Samedi, lors du centenaire du Cheval Boulonnais à Samer, le Syndicat hippique Boulonnais officialisera sa contribution à hauteur de 56 000 euros pour le projet. La maison du cheval Boulonnais est soutenu par un grand nombre de partenaires financiers et techniques : la région, le département du Pas-de-Calais, la Communauté d’agglomération du Boulonnais, la ville de Boulogne, le PNR(1) des Caps et Marais d’Opale, le CRRG(2), l’IFCE(3) et le Conseil interrégional du cheval.
Le dossier n’est pourtant pas passé au niveau du fond éperon mais le Syndicat hippique ne perd pas espoir : « Nous allons représenter le dossier. Nous pensons qu’il a été mal compris au sein du comité ». Ils ont présenté des réticences notamment au niveau de la race à petit effectif. « Nous investissons pour contribuer à la sauvegarde de la race », conclut Solène Charpentier.

Carole Gautier

(1) Parc naturel régional.
(2) Centre régional de ressources génétiques.
(3) Institut français du cheval et de l’équitation.

 

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