Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

La ferme aux 120 chèvres laitières

Franck Lesay a l’expérience de 32 ans d’élevage de chèvres dans le Nord-Pas de Calais. Il est installé à Framecourt (62). Le démarrage a été difficile car l’élevage était inhabituel pour la région. L’éleveur a donc cherché des solutions pour que son élevage soit suivi techniquement.
L’exploitation se compose seulement de trois hectares destinés au pâturage des chèvres. Franck Lesay est donc obligé d’acheter de l’aliment à l’extérieur.

Un élevage inhabituel

Pour le suivi des performances et des inséminations artificielles, l’éleveur fait appel à des organismes d’autres régions. Capgènes, une entreprise située dans la Vienne (86), vient procéder aux inséminations dans le troupeau. L’analyse de lait est faite dans la région. L’éleveur peut se comparer à d’autres élevages grâce au contrôle laitier de Touraine. Les acteurs régionaux qui suivent l’élevage ont dû s’adapter à la production.
120 chèvres

L’élevage est le plus important de la région. 120 chèvres y sont traites tous les jours. Au démarrage, l’éleveur a pourtant joué de malchance. La brucellose a touché les chèvres en 1983. Après l’abattage total du troupeau, l’éleveur a dû retrouver rapidement un troupeau en lactation. « Il ne fallait pas perdre les clients », souligne-t-il. « Au final, nous avons eu un arrêt de trois mois ».

Au départ Franck Lesay avait choisi des chèvres de la race Alpine. Aujourd’hui, le troupeau est composé de chèvres de deux races : la Saanen et l’Alpine. Les chèvres ne sont pas croisées. « Les deux races ont des performances assez similaires mais l’Alpine présente de meilleurs taux », explique l’éleveur. La reproduction est gérée en IA mais huit boucs sont également présents. « Normalement, on compte un bouc pour 20 chèvres », commente Franck Lesay.
Les chèvres sont nourries avec de l’herbe l’été. La ration se compose également de foin, de bouchons de luzerne, de pulpes sèches, de paille et d’un granulé chèvres laitières distribué pendant la traite.
Depuis 1994, une salle de traite 2×6 est installée. La traite dure en moyenne une heure et vingt minutes.

Des chevrettes développées

Il y a deux périodes de chevrottage : fin octobre-début novembre et février-mars. Le but étant d’avoir du lait toute l’année. Et de produire plus au pic de vente : un mois autour de Noël. Les chèvres produisent en moyenne deux chevreaux par an. Avec 25 % de renouvellement chaque année, il faut élever une quarantaine de chevrettes. Les autres sont vendues. Les critères de sélection de Franck Lesay sont la quantité de lait et le coffre. « Grâce à l’insémination, nous avons amélioré notre troupe », indique-t-il.

Les chèvres sont écornées à huit jours pour éviter les blessures au sein du troupeau. Les chevrettes sont inséminées assez tard, à 10-12 mois. « Je préfère des chevrettes très développées », explique l’éleveur. Les chevrettes et les multipares forment deux lots indépendants.

Tomme, camembert

Le lait doit être entièrement transformé car « il n’y a pas de laiterie qui ramasse le lait de chèvre dans la région ». Pendant que Franck Lesay travaille dans la salle de traite, sa femme, Christine, est à la fromagerie. « Avec une traite, nous pouvons faire jusqu’à 300 fromages de moyenne taille », explique-t-elle. Un employé à mi-temps aide également à la transformation du lait. Cette étape peut durer jusqu’à six heures par jour. Les fromages produits sont divers : tomme, yaourt, buchette ou camembert de chèvre. L’affinage est différent selon les fromage : « Un mois pour une buchette et deux mois pour une tomme ».
Afin de faire découvrir leur métier, le couple d’éleveurs participe au réseau Savoir vert et Bienvenue à la ferme.

Carole Gautier

 

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