Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Jean-Philippe Puig : « Créer de la valeur sur les filières huiles et protéines »

En quelques mots, comment se présente le groupe Sofiproteol ?

Sofiprotéol est l’entreprise industrielle et financière de la filière des huiles et des protéines. Le groupe exerce un métier agro-industriel, réparti en deux pôles : le pôle végétal (trituration de graines oléagineuses et raffinage d’huile, raffinage et conditionnement d’huile alimentaire, production de biodiesel, oléochimie) ; le Pôle animal, avec Glon Sanders (nutrition animale, abattage et transformation de viande de porc, de volaille et œufs, produits élaborés). L’entreprise exerce également un métier financier de banque de développement en vue d’accompagner, via des prêts et des prises de participation, 140 entreprises de la filière et de l’agro-industrie en général. Elle est notamment propriétaire du site industriel Lesieur de Coudekerque.

Après 30 années d’existence, le Groupe va modifier en profondeur son mode de gouvernance. Qu’en est-il précisément ?

Nous avons estimé que notre modèle de gouvernance qui a su montrer sa solidité depuis la création du groupe n’était pas pérenne. Du fait de sa taille, nous devions clarifier le rôle des différents mandants en séparant les activités financières des activités industrielles. À la fin de ce premier semestre, nous devrions officialiser une fondation reconnue d’utilité publique qui deviendra actionnaire du groupe en détenant plus de 50 % de ses actions à terme et qui ne sera plus OPAblable.
Cette nouvelle organisation doit nous permettre d’avoir un meilleur accès au marché des capitaux pour poursuivre notre développement. Reste à obtenir l’autorisation du Conseil d’Etat.

En juillet dernier, le groupe que vous présidez annonçait la fermeture de l’unité de production de Diester Industrie Flandre de Cappelle-la-Grande (59) fin 2013. Pourquoi une telle décision ?

Cette décision visait à adapter notre parc industriel à la décision prise par la France de ramener le taux d’incorporation du biodiesel à 7 % alors que nos investissements avaient été réalisés sur la base d’un objectif européen fixé à 10 % d’incorporation d’énergie renouvelable dans le domaine des transports.
La décision de fermeture du site Coudekerque s’est également accompagnée de la vente d’autres sites industriels notamment en Autriche et en Allemagne et d’un accroissement de l’activité de trituration en Roumanie. Cette réorganisation qui s’est traduite, pour le groupe, par une économie de 9 millions d’euros sur l’exercice 2013, s’inscrit dans le cadre du plan stratégique Cap 2018 de Sofiprotéol qui vise à assurer une meilleure intégration des activités de trituration et d’estérification, une optimisation de la logistique, une réduction des coûts fixes et une amélioration des résultats nécessaires à la pérennité de l’activité de production de biodiesel.
Rappelons que la production de biodiesel en France absorbe 65 % du colza produit sur le territoire et que cette activité présente en outre l’avantage de réduire les importations de soja destiné à l’élevage. À titre d’exemple, depuis la prise de contrôle, il y a près de 10 ans de Glon Sanders, spécialisé en nutrition animale, nous sommes passés d’un taux d’incorporation de soja de 68 % à 28 % ce qui prouve l’intérêt d’une filière animale intégrée.

En quoi correspond votre stratégie de prise de contrôle récente de la société Matines par Glon ?

L’œuf figure parmi les protéines les moins chères dans l’alimentation. Il offre par conséquent des marges de progrès importantes sur les marchés. Nous entendons revendiquer d’ici très peu de temps un niveau de qualité de nos œufs (plus de 2 milliards produits chaque année) qui se différenciera de celui proposé par nos concurrents grâce à un régime nutritionnel différent dans nos élevages. Ceci toujours dans le même état d’esprit, celui de créer de la valeur sur les filières huiles et protéines. D’où également notre implication dans le projet Improve à Dury-les-Amiens, la première plateforme européenne totalement dédiée à la valorisation des protéines végétales.

Propos recueillis par Philippe Duboelle

Dans une conjoncture compliquée, le chiffre d’affaires des activités industrielles de Sofiproteol en 2013 est de 7 milliards d’euros, soit en recul de 4 % en raison essentiellement de la baisse des prix de marché et du changement de périmètre, en particulier sur le biodiesel. L’EBITDA (estimé) ressort à 185 millions d’euros.
Le groupe a renforcé ses investissements industriels, à 139 millions d’euros, en progression de 19 %, pour poursuivre son développement et améliorer sa compétitivité.
* FOP : Fédération des producteurs d’oléagineux (colza, tournesol) et de protéagineux (pois, féverole).
* Unip : Union nationale interprofessionnelle des plantes riches en protéines.
* Onidol : Organisation nationale interprofessionnelle des graines et des fruits oléagineux.

 

Découvrez l'intégralité de l'article dans le Journal Horizons NPDC
Partager sur

En relation avec cet article