Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Géry Capelle : « Nos légumes doivent être les plus sains possible »

Bonduelle revendique un taux de fidélisation de ses producteurs de 95 %. Comment l’expliquez-vous ?
Dans le bassin Nord-Picardie, nous achetons nos légumes à deux organisations de producteurs, Oplinord et OPL Vert avec un système de contractualisation entre Bonduelle et les OP qui permet de mutualiser les risques pour les producteurs. C’est un système dont nous sommes assez fiers puisqu’il permet de ne pas pénaliser un agriculteur pour un mauvais épisode de campagne qu’il ne maîtriserait pas, comme la météo. D’autre part, on ne cultive pas des légumes comme on cultive des céréales. Il s’agit d’un engagement sur plusieurs années et la technique est terriblement importante.
Pourquoi Bonduelle impose une charte de respect des bonnes pratiques aux agriculteurs qui travaillent avec lui ?
Même si les 100 000 hectares que nous faisons cultiver – dont environ 21 000 en Nord-Picardie – ne nous appartiennent pas, c’est quand même une part de notre capital. Ces terres doivent être saines pour la production des légumes qui nous est destinée étant donné que nous n’opérons qu’une transformation légère. Avant qu’ils n’entrent dans nos usines, comme lorsqu’ils en sortent, nos légumes doivent être le plus sain possible. Nous voulons limiter au maximum la non-qualité. À l’époque où nous l’avions proposé pour la première fois, en 1997, notre charte a été avant-gardiste et cela nous a attiré les foudres de quelques-uns. Aujourd’hui, nous en sommes à la quatrième édition et elle s’inscrit toujours dans une démarche de progrès. Elle est aujourd’hui traduite dans sept langues et diffusée dans tous les pays où nous sommes implantés.
Bonduelle a développé un réseau de fermes-pilote pour expérimenter de nouvelles techniques de production, dont la réduction des intrants. Qu’en est-il ?
Le but de ces fermes est de mener un programme de culture intégrée des légumes de plein champ en commençant par le désherbage. Il n’est pas toujours facile de motiver directement les cultivateurs sur ce genre de sujets, mais nous y parvenons par l’intermédiaire des groupements de producteurs. Écophyto a été un électrochoc, mais le monde agricole a conscience que le tout-chimique, c’est fini. La diminution des intrants nous pousse à être meilleurs sur les plans agronomique et génétique. Nous devons agir sur tous les maillons de la chaîne de production, depuis la préparation du sol jusqu’à la récolte. Nos leviers d’actions sont multiples, de la préparation du sol jusqu’à la récolte.
De quelle manière Bonduelle profite de ses implantations hors de France sur le plan de l’amélioration des conduites culturales ?
Les différentes unités industrielles sont régulièrement en contact par le bais de leurs services agro pour échanger sur les bonnes pratiques. Cela nous permet par exemple de comprendre pourquoi on consomme moins d’eau au Canada qu’en France. Et de mettre en oeuvre les moyens pour améliorer nos pratiques.
Bonduelle s’intéresse-t-il à la production de légumes bios ?
Nous en faisons pour une petite partie de notre clientèle, mais nous sommes conscients que le bio n’est pas accessible à tous. Notre exigence d’avoir des produits sains ne nous interdit pas de soigner les plantes. Bonduelle travaille beaucoup sur la performance variétale pour le rendement mais aussi sur la résistance des variétés et le ciblage des interventions.
Quelle est la position du groupe vis-à-vis des OGM ?
Nous restons opposés à l’utilisation des variétés OGM. Cela ne nous empêche pas toutefois de nous intéresser à des variétés plus résistantes aux maladies par la sélection. Le problème se situe au niveau de la recherche. Si l’on compare aux grandes cultures, on constate que ces dernières disposent de plus de marges de manoeuvres. Les légumes ne font que profiter indirectement des avancées faites en grandes cultures.
Propos recueillis par Vincent Fermon
Découvrez l'intégralité de l'article dans le Journal Horizons NPDC
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