Écrit le 20 mai 2014 par Horizons

Filière équine : un avenir incertain

Quatre scénarios ont été imaginés pat l’Institut français du cheval et de l’équitation et l’Inra, « offrant quatre images du futur possible de la filière équine à l’horizon 2030 ». L’État, qui « avait un rôle prépondérant » dans la filière équine, se désengage et se concentre sur certains secteurs particuliers. Le récent jugement de la cour européenne qui ne maintiendrait pas le cheval comme une « production agricole » est aussi un point préoccupant pour les membres de la filière. La précarité et la pénibilité du travail entraînent un fort renouvellement du personnel et restent un problème sous-jacent de la filière. Chaque scénario pose la question de la valorisation des emplois ou de la formation des acteurs.
La filière viande rencontre des difficultés. Le renouvellement des consommateurs et l’évolution de la loi semblent problématiques.

Tous à cheval

En 2030, dans un climat économique favorable, les classes moyennes ont un pouvoir d’achat amélioré. Attirées par l’équitation, elles peuvent concrétiser leur souhait. Les activités de loisir sont donc développées pour être accessibles à tous. Les centres équestres se sont différenciés en deux types : « des écoles d’équitation (enseignement) et des centres de loisir équestres (base de l’équitation) ». Des associations de cavaliers très actives permettent d’aménager des chemins de randonnée.

Le cheval loisir est devenu le secteur numéro un de la filière équine. Des compétitions amateur se développent dans toutes les disciplines, y compris les courses de trot et de galop.
Devant les nouveaux marchés, des éleveurs français s’orientent vers un mode d’élevage économique ou au contraire forment des chevaux très haut de gamme. L’analyse du profil génétique permet de caractériser précocement les aptitudes des chevaux.

Le cheval des élites

Au contraire du premier scénario, la crise économique a perduré. Le pouvoir d’achat des classes moyennes s’est donc détérioré et l’équitation séduit plus un public aisé et exigeant « à la recherche de club élitiste ». « L’équitation redevient un moyen d’affirmer son statut social ». Les cavaliers les plus riches pratiquent la compétition à haut niveau.
Les paris équestres se développent grâce au contexte économique difficile. Un public plus jeune a été séduit grâce aux nouvelles technologies (jeux à distance, Internet, smartphones).

Le coût d’entretien des chevaux de courses est élevé et le nombre d’éleveurs a donc tendance à diminuer pour laisser place à des acteurs qui regroupent plusieurs activités.
Certaines races de chevaux de trait sont en voie de disparition. Le nombre de services valorisant la force motrice des chevaux est limité par des coûts trop élevés.

Le cheval citoyen

La nature est au centre des préoccupations de la population française. Le cheval profite donc de cette évolution sociétale pour devenir une ressource à part entière. « L’État délègue alors les missions d’appui à la filière aux régions ». L’utilisation du cheval pour l’entretien des territoires herbagers et la traction est bien installée. De nouveaux métiers se sont d’ailleurs développés.

L’équitation attire par la relation à l’animal. Les centres équestres sont destinés à tous les cavaliers et la compétition n’est pas la priorité. Les activités dérivées : équitation scolaire, rééducation et équithérapie se développent. Le tourisme équestre est très demandé.

Les élevages de chevaux de selle se sont professionnalisés grâce « au permis d’élever ». Le marché des chevaux s’appuie sur « des signes de qualité et des certificats d’aptitudes donnés aux chevaux pour différents types d’utilisations ».

Le cheval compagnon

Le cheval est devenu un compagnon de vie car la sensibilité de la population pour la protection animale a évolué. Le cheval n’est plus réservé à un public cavalier, il s’étend plus largement. Dans la logique de bien-être animal, l’État a imposé un « permis de détention des équidés » et les éleveurs doivent eux obtenir un « permis d’élever ». Les conditions de vie des équidés sont aussi réglementées (accès à une pâture, âge minimal pour le débourrage,…) . « L’élevage est avant tout un loisir de propriétaires particuliers ». Certains éleveurs restent mais se tournent vers la production de chevaux « ayant des caractéristiques esthétiques spécifiques ».

L’acquisition d’un cheval s’étant développée, « les centres équestres sont orientés vers le service aux propriétaires » (hippologie, éthologie, soins aux animaux). Les compétitions ont aussi changé, demandant moins d’efforts aux chevaux.
Les races locales sont favorisées par la création de parcs où les chevaux vivent à l’état quasi-sauvages. Cependant, la consommation de viande de cheval est interdite, la filière viande n’existe donc plus. La gestion des vieux chevaux devient donc un problème majeur.

Carole Gautier

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