Archives mensuelles : août 2016

Pommes de terre

La récolte de pommes de terre s’oriente vers le bas de la fourchette prévue

Pommes de terre

Dans la fourchette de 5,3 à 5,9 millions de tonnes de pommes de terre estimée par l’UNPT (l’Union nationale des producteurs) depuis la mi-août, la récolte s’oriente vers la valeur basse, en raison des coups de chaleur, a indiqué l’UNPT le 30 août.

La réduction du rendement, estimée jusque-là à 10% par rapport à la moyenne décennale, s’annonce plus importante, et aussi plus disparate, selon que les surfaces sont irriguées (en général en Beauce, Picardie, Champagne) ou non (plutôt dans le Nord). Cette année, le rendement a été amoindri d’abord par les plantations tardives, ensuite par le mildiou et les inondations, et enfin maintenant par les coups de chaleur. Mais la moindre production qui en résulte évitera la surproduction qu’on attendait du fait de la hausse des surfaces de 5,3% en France, a précisé Arnaud Delacour, président de l’UNPT.

champ de lin

Lin fibre : limiter les surfaces « au niveau de 2015 »

lin

Le Comité interprofessionnel de la production agricole du lin (Cipalin) a recommandé le 29 août de limiter les prochains emblavements à hauteur des surfaces de 2015.

« Le Cipalin recommande à chaque producteur de limiter l’emblavement 2017 au niveau de 2015. En aucun cas, le lin ne peut être une culture de remplacement », poursuit l’interprofession en répétant cette mise en garde : il n’y a « pas de place pour de nouveaux producteurs ».

La récolte 2016 est dite « satisfaisante » en volume. « Alors que certaines cultures sont moins rémunératrices cette année, la valorisation actuelle du lin paraît attractive », ajoute le communiqué. Mais comme pour freiner d’éventuels candidats à la production, le Cipalin insiste : « la culture du lin est une culture de spécialistes ». Et d’expliquer que l’activité est « très exigeante et à risques ». Le lin fibre constitue « un marché très spécifique qui est presque dans une situation d’équilibre, après des années compliquées et incertaines ».

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Plan de régulation laitière : une aide de 0,24€/kg de lait non produit

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Stéphane Le Foll a annoncé une aide de 0,24€ par kilo de lait non produit, le 30 août dans une conférence de presse.

Cette aide est financée par deux enveloppes : l’une de 150 millions d’euros, donnée par Bruxelles à tous les pays européens (0,14€/kg de lait non produit), et l’autre de 49,9M€ donnée spécifiquement à la France. Le gouvernement a fait le choix de doubler cette dernière enveloppe (100 millions d’euros), permettant d’ajouter 0,10 euros supplémentaire par kilo de lait non produit. Afin de bénéficier de la totalité de cette aide, le producteur devra s’engager à réduire de 5% son niveau de production dans les trois derniers mois de 2016, en prenant pour référence les mêmes mois de 2015. Le producteur pourra faire la démarche seul ou la déléguer à son organisation de producteur. « Pour la première fois [depuis la fin des quotas au 1er avril 2015, ndlr] va être mise en œuvre une mesure de régulation de la production », a affirmé avec vigueur Stéphane Le Foll. Il a également fait part de mesures à venir, également financées, pour la filière viande bovine dès la semaine prochaine.

salle de traite

Stéphane Le Foll : « Je n’ai pas directement de moyens de pression sur Lactalis »

le foll

« Je n’ai pas directement de moyens de pression sur Lactalis », a expliqué le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll sur France info, le 29 août.

Il répondait à l’interpellation des Jeunes agriculteurs, qui souhaitent que le ministre s’investisse davantage dans le dossier. Au sujet du pdg de Lactalis, Emmanuel Besnier, Stéphane Le Foll explique: « Monsieur Besnier est un p.d-g d’une entreprise, dont je le répète, je n’ai pas le numéro de téléphone direct. Monsieur Besnier jamais, ni ne m’a demandé de rendez-vous, ni ne m’a demandé un contact, ni a souhaité me rencontrer. »

Pour le ministre, il n’est « pas acceptable » que « Lactalis, cette grande entreprise, première mondiale, (soit) celle qui paye le litre de lait au producteur le moins cher de toutes les laiteries de France ».

ble champ

Crise céréalière : « Les coopératives se mobilisent »

blé

Coop de France a souligné le 29 août la mobilisation des coopératives face à la crise céréalière.

« Les coopératives se mobilisent » pour aider leurs adhérents après une moisson catastrophique, a déclaré le président Michel Prugue devant la presse à la Foire de Châlons-en-Champagne. « Le but est d’apporter de la trésorerie aux exploitations pour un emblavement correct », a-t-il ajouté, chiffrant les besoins entre 500 et 600 euros/ha.

Différentes mesures sont prises : crédit sur les intrants à rembourser lors de la prochaine moisson, prise en charge des coûts de résiliation de contrat, caution auprès des banques, a détaillé Michel Prugue. Les coopératives s’organisent face à une récolte très particulière, faible en volume et atypique en qualité. Un travail de tri, d’allotement est mené pour orienter la marchandise vers les débouchés possibles. Il s’agit aussi d’honorer les contrats : certaines coopératives « achètent des volumes ailleurs pour ne pas perdre des clients », a-t-il expliqué, ajoutant que « la taille des outils permet ou pas de le faire.»

Marché du bio salade

Aides bio : il manquerait plus de 100 M€ pour couvrir les conversions 2016 et 2017

Marché du bio salade

« Il doit manquer plus de 100 M€ pour couvrir les conversions 2016 et 2017 », explique Clara Gasser, chargée de mission politiques agricoles à la Fnab (agriculteurs bio), le 29 août.

Ainsi, le manque d’aides bio via le Feader se confirme face aux besoins estimés par la Fnab. « 100% du budget pour les aides bio a été dépensé dans le Centre, en Midi-Pyrénées et dans le Limousin », affirme-t-elle. En Bretagne, l’inquiétude est moins évidente (environ 30% de l’enveloppe bio Feader dépensée), mais tout aussi présente : « Les éleveurs bio ont choisi la MAE élevage, plus intéressante que l’aide au maintien. » Par conséquent, il y a un report des «problèmes de financements sur cette MAE».

le foll

Lait : Stéphane Le Foll présentera le 30 août le plan de régulation de la production française

le foll

Stéphane Le Foll présentera le 30 août aux professionnels du secteur laitier le plan de régulation de la production française demandé par la Commission européenne en juillet, en contrepartie de nouvelles aides financières, a annoncé le 26 août son ministère.

« Ce plan a été préparé et discuté durant l’été dans ses modalités d’application », explique un communiqué. Bruxelles a annoncé le 18 juillet une nouvelle enveloppe d’aide de 500 M d’euros pour l’agriculture en crise, dont une grande partie est destinée au secteur laitier mais conditionnée à une régulation de la production. La France s’est vue attribuer une enveloppe d’environ 50 M d’euros, que l’Etat a la possibilité de doubler.

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Betterave : un report du paiement des semences en discussion

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Un report du paiement des semences de betterave est en discussion, a indiqué le 25 août la CGB (planteurs de betteraves), préoccupée par « la crise financière qui affecte l’agriculture française suite aux moissons catastrophiques ».

« La CGB est entrée en discussion avec les producteurs de semences de betterave pour obtenir un report du paiement des semences, et sera attentive aux situations des éleveurs en matière de pulpes », selon un communiqué. Tous les fabricants de sucre sont mobilisés, ajoute-t-elle, pour réfléchir et apporter des solutions à une « situation financière désastreuse ». 2014 et 2015 ont vu des prix de la betterave « insuffisants » et la récolte 2016 s’annonce inférieure à la moyenne sur cinq ans, souligne le communiqué. La CGB appelle les pouvoirs publics à concrétiser « dans les meilleurs délais » les aides annoncées fin juillet pour le secteur des céréales, dont les betteraviers font partie.

vendange

Vin : la production française devrait baisser de 10%

vendange

La production française de vin 2016 s’annonce en baisse d’environ 10 % par rapport à l’an dernier, à cause des intempéries qui ont affecté le vignoble depuis avril, a annoncé le 25 août le ministère de l’Agriculture.

La récolte, affectée par divers épisodes de gel, de grêle et d’une sécheresse aggravée près de la Méditerranée, atteindrait 42,9 M hl contre 47,9 M en 2015, et serait inférieure de 7 % à la moyenne quinquennale, selon Agreste. « Le gel de printemps qui a touché certains bassins viticoles (Champagne, Bourgogne et Val de Loire), les épisodes récurrents de vent, conjugués à l’aggravation de la sécheresse sur le pourtour méditerranéen et les dégâts liés à la grêle dans certains bassins (Charente, Bourgogne-Beaujolais, Languedoc-Roussillon) pèsent sur le potentiel de production, dont le niveau est révisé à la baisse par rapport à l’estimation de juillet », indique Agreste.

En Champagne, la baisse de production tournerait autour d’un tiers. Le vignoble y est en retard d’une semaine par rapport à la moyenne sur dix ans. En Bourgogne et Beaujolais, le recul atteindrait 21 %, avec une dizaine de jours de retard pour les vendanges. Dans les Charentes, la production baisserait de 16 %. En Languedoc-Roussillon, le recul prévu est de 9 %.